Photo : Claude Croteau
Engagement de la France en Afghanistan: les doutes de l'opposition
La mort d'un soldat Français à Kaboul et la multiplication des attaques d'insurgés à l'approche de la présidentielle ont relancé les interrogations sur la stratégie de la force internationale déployée dans le pays, à laquelle participe la France.
La mort d'un soldat Français à Kaboul et la multiplication des attaques d'insurgés à l'approche de la présidentielle ont relancé les interrogations sur la stratégie de la force internationale déployée dans le pays, à laquelle participe la France.
L'opposition s’interroge sur les buts poursuivis par la coalition internationale déployée dans le pays, à laquelle participe la France.
«Au départ, nous étions dans une guerre de légitime défense contre des talibans qui soutenaient Al-Qaïda. Désormais nous menons une guerre de soutien à un régime qui n’arrive pas à s’en sortir», constate, auprès de l’AFP, l’ex-ministre (PS) de la Défense, Paul Quilès.
«Je ne vois aucun point à retirer de l’argumentation que nous tenions il y a un an», avance le député PS du Doubs Pierre Moscovici, faisant allusion au débat parlementaire de 2008 sur le maintien des troupes françaises en Afghanistan, dont l’engagement avait démarré en 2001 sous le gouvernement de Lionel Jospin. La gauche avait voté contre, prônant «un changement de stratégie» face à l’échec de l’option militaire.
«Au départ, nous étions dans une guerre de légitime défense contre des talibans qui soutenaient Al-Qaïda. Désormais nous menons une guerre de soutien à un régime qui n’arrive pas à s’en sortir», constate, auprès de l’AFP, l’ex-ministre (PS) de la Défense, Paul Quilès.
«Je ne vois aucun point à retirer de l’argumentation que nous tenions il y a un an», avance le député PS du Doubs Pierre Moscovici, faisant allusion au débat parlementaire de 2008 sur le maintien des troupes françaises en Afghanistan, dont l’engagement avait démarré en 2001 sous le gouvernement de Lionel Jospin. La gauche avait voté contre, prônant «un changement de stratégie» face à l’échec de l’option militaire.
«On ne va pas rester indéfiniment»
Depuis, les violences des insurgés à l’encontre de la coalition - environ 90.000 hommes, dont quelque 3.000 Français - ont redoublé d’intensité, notamment ces dernières semaines.
«Cette intervention, qui a pu se justifier après le 11 septembre, aujourd’hui, de la manière dont elle continue, arrive à sa fin» et «on ne va pas rester indéfiniment en Afghanistan», a jugé, ce lundi sur Europe 1, l’eurodéputé (Verts) Daniel Cohn-Bendit. Selon lui, «ce qu’il faut remettre en cause, c’est d’abord le type de stratégie qu’il y a eu jusqu’à présent, c’est-à-dire non pas simplement une stratégie militaire, mais une stratégie de renforcement d’un pouvoir politique et d’un pouvoir afghan» pour «permettre aux Afghans de régler leurs problèmes eux-mêmes» par «des négociations».
Pourtant les autorités françaises se disent, depuis longtemps, convaincues de la nécessité d’accompagner l’offensive militaire d’une importante action de soutien aux civils afghans. «Nous n’allons pas imposer la paix, mais nous pouvons créer les conditions pour y parvenir. Pour cela, il nous faut être en phase avec la population», a encore répété lundi le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui a appelé, dans le Figaro, à «construire la paix avec» et même «sous la direction des Afghans».
«Les supplétifs des Américains»
Ancien candidat du Modem aux européennes de juin, Jean-François Kahn, juge pourtant que la France n’a «aucune stratégie» dans ce conflit, mais se contente de se «plier» à celle des Américains.
«La vérité, c’est que nous sommes aujourd’hui dans la situation des soviétiques en Afghanistan: nous avons les mêmes contre nous, et la population nous considère comme des envahisseurs, point final», dénonce-t-il, en référence à l’occupation du pays par l’URSS entre 1979 et 1989.
Un point de vue que partage le député Nicolas Dupont-Aignan. «Tous les experts militaires nous disent que ce conflit est un bourbier. Et pourtant, Nicolas Sarkozy a renforcé l’engagement de la France, nous promettant que nous peserions d’avantage dans la stratégie. Or nous sommes plus que jamais les supplétifs des Américains», dégaine le président de la formation gaulliste Debout la République.
(Source AFP) liberation.fr
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