Le collectif Jeudi noir continue de militer pour dénoncer les logements vides dans la capitale. Il a été soutenu hier par la secrétaire nationale des Vert
C’est un magnifique hôtel particulier du XVI e siècle qui trône à l’entrée de la place des Vosges. Ce vaste bâtiment de 2 000 m 2 est occupé depuis fin octobre par les militants du collectif Jeudi noir, qui se sont spécialisés dans le squat de locaux laissés vacants. Même si leur nouvelle « prise de guerre » est inutilisable pour du logement, ce nouveau squat de luxe a relancé le débat sur le scandale des milliers de mètres carrés de logements inutilisés dans la capitale.Duflot pour la réquisition
Cécile Duflot, candidate Europe Ecologie en Ile-de-France, ne s’y est pas trompée. La secrétaire nationale des Verts, qui a rendu visite hier au collectif Jeudi noir, s’est prononcée pour la réquisition des logements vides. « Ils représentent 8 % du parc de logements parisien », a-t-elle estimé. Selon les derniers recensements de l’Insee, près de 120 000 appartements seraient vacants... soit à peu près autant que les demandeurs d’un logement social inscrits dans la capitale. Une application stricte de la loi de réquisition permettrait donc de régler d’un coup la crise du logement à Paris ?
« Evidemment non, rectifie Jean-Yves Mano, l’adjoint au maire de Paris chargé du logement. Le chiffre de l’Insee correspond aux appartements où les agents recenseurs n’ont rencontré personne. Cela ne veut pas dire qu’ils sont tous vacants. »
Depuis fin 2005, la Ville de Paris, qui a mis en place un dispositif d’incitation à la relocation des locaux vides (lire ci-contre), a accès au fichier fiscal des propriétaires assujettis à la taxe sur les logements vacants, payable au bout de deux ans d’inoccupation. « Ce fichier contient environ 16 000 adresses, souligne Jean-Yves Mano. C’est beaucoup trop, mais on est loin des 120 000 appartements prétendument vides. » «
Le gisement de mètres carrés inoccupés ne se trouve pas chez les petits propriétaires privés, reconnaît un militant de Jeudi noir. Le vrai problème, c’est le patrimoine des gros bailleurs, banques, assureurs, investisseurs… laissé vide pour des raisons spéculatives. » Le collectif, qui se base sur les chiffres des déconnexions des compteurs EDF, évalue, lui, ce patrimoine à au moins 30 000 logements.
leparisien.fr






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