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Parlez paradis à votre banquier

samedi 24 avril 2010

Octobre 2009: soudain drapées dans un manteau de vertu, l'ensemble des banques françaises annoncent, à l'Elysée, leur retrait des paradis fiscaux d'ici à mars 2010. Nous y sommes. Difficile de ne pas déchanter: sur les 467 filiales desdites banques répertoriées dans les paradis fiscaux en mars 2009, seules quatre devraient fermer (à Panama). Et pour cause: selon la France, il n'y aurait plus que 18 paradis fiscaux sur Terre: des places financières aussi stratégiques que Saint-Vincent et les Grenadines ou Saint-Kitts et Nevis… Exit, en revanche, le Luxembourg, la Suisse, les îles Caïmans, Singapour et autres Jersey!
Rien de nouveau sous les palmiers, donc. Fortis et son réseau de filiales offshore ont même conforté le leadership de BNP Paribas en la matière, déjà forte en 2008 de ses 189 filiales paradisiaques. Bien sûr, une bonne partie de ces filiales poursuit une activité légitime. Mais, faute de transparence, comment en être sûr?
On sait, en revanche, les ravages des paradis fiscaux: protection du crime, instabilité financière, déficits publics, report de l'impôt sur les classes moyennes et populaires ainsi que les PME, détournement des richesses des pays en développement. Bien sûr, les banques ne sont pas les seules utilisatrices des paradis. Mais sans elles, les autres n'y auraient pas recours.
Quand on est client d'une banque, on a le droit de demander des explications à son banquier: c'est ce que vous propose de faire la campagne "Stop paradis fiscaux" en lui adressant un courrier. La proposition de lettre à son banquier est sur www.stopparadisfiscaux.fr

Appel « Stop paradis fiscaux »

Les paradis fiscaux font des ravages. Ils ont amplifié la crise qui a jeté des millions de personnes dans le chômage et la précarité à travers le monde. Comment aujourd’hui accorder la moindre confiance aux banques si on ne connaît pas le montant de leurs capitaux dissimulés dans ces trous noirs de la finance mondiale ?
Les paradis fiscaux plombent le budget des États. Des grandes entreprises et des individus fortunés échappent aux impôts en y cachant leur argent, tandis que les autres paient à leur place. En France, la fraude fiscale coûterait 3 fois le déficit de la Sécurité sociale. Les paradis fiscaux y prennent une large part. Les pays du Sud, eux, voient s’envoler dans les paradis fiscaux près de 800 milliards d’euros par an !
Les paradis fiscaux servent également de base-arrière pour blanchir l’argent des trafiquants, des dictateurs et autres caisses noires de certaines entreprises. En protégeant les hors-la-loi et leurs secrets, ils menacent en permanence la paix et la démocratie dans le monde.
Les dirigeants du G20 ont appelé, en avril 2009, à une action mondiale contre les paradis fiscaux. C’est une bonne nouvelle. Mais ce premier pas n’est pas à la hauteur du scandale. À quoi bon dresser, par exemple, une liste des paradis fiscaux si c’est pour la vider, aussitôt, de son contenu ? Sans la présence des banques et des multinationales des pays du G20, les paradis fiscaux n’existeraient plus : 100% des entreprises et des banques françaises du CAC 40 y ont des filiales. C’est sur celles-ci que la France et la communauté internationale doivent agir !
Qui que l'on soit – citoyen, consommateur, militant syndical, élu local ou dirigeant d'entreprise, demandons davantage de transparence aux utilisateurs des paradis fiscaux. Ensemble, exigeons leur disparition !
Je signe l’appel « Stop paradis fiscaux », je consulte les dix propositions et je m’engage dans la mobilisation citoyenne pour faire cesser cet état de non-droit.
Une campagne à l'initiative des organisations syndicales CFDT, CGT, Snui, Solidaires et des associations Attac, CCFD-Terre Solidaire, Oxfam France-Agir Ici et de la Plate forme paradis fiscaux et judiciaires.



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