Peut-être est-ce moi qui pose les mauvaises questions ou peut-être sont-ce certains qui ne se posent pas les bonnes...

De 17 heures à 7 heures du matin, la police prend le pouls de la nuit parisienne sur le terrain © AFP PHOTOS
Que se passe-t-il à Paris, la nuit ? La banlieue est-elle aussi difficile qu'on le prétend ? Chaque jour, l'état-major de la police nationale dispose d'un document relatant précisément l'ensemble des crimes et délits recensés, la veille, sur le terrain.
Au moment où le débat sur l'insécurité refait surface avec un chef de l'État en première ligne, lepoint.fr lève le voile sur des statistiques méconnues en révélant, par le menu, l'ensemble des faits relatés de 17 heures à 7 heures du matin, dans la nuit du jeudi 22 avril. État des violences urbaines ou affaires plus graves, tout y est scrupuleusement recensé par la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP), de la poubelle incendiée dans le XVIIIe arrondissement de la capitale au vol à main armée dans une tranquille épicerie de l'Essonne.
Les villes ne dorment plus vraiment. Dans la nuit du jeudi au vendredi matin, on dénombre pas moins de seize véhicules et treize poubelles incendiés dans les départements qui jouxtent la capitale.
Rixes, incendies, interpellations
Le feu, d'ailleurs, est le premier ennemi des forces de l'ordre, régulièrement confrontées, une fois la nuit tombée sur les villes de banlieue, à des incendies. Une arme d'expression urbaine et de destruction, à laquelle il faut ajouter les "jets de projectiles" (huit ce soir-là), les dégradations sur la voie publique (trois), des "rixes" (deux) et des interpellations (deux).
À 20 h 55, dans le Val-d'Oise, "quinze individus armés de bâtons" blessent et provoquent des "douleurs à l'abdomen" sur un autre individu, qui "refuse les soins et refuse de poser une plainte". On apprend qu'au même moment, à Noisy-le-Sec, un véhicule de police reçoit "des jets de projectiles" lors d'un banal contrôle. Plus tard, dans les Hauts-de-Seine, département pourtant réputé tranquille, des policiers effectuent quatre tirs de Flash-Ball en réponse à des jets de projectiles. Il est 0 h 40.
Sécurisation
Chaque nuit, des policiers - à pied et à cheval - déambulent sur les Champs-Élysées, la plus belle avenue du monde. Mais qui connaît le déroulement exact de ces opérations de sécurisation ? Bilan, au bout de deux heures, selon la synthèse policière : "Trente personnes contrôlées, vingt passées au fichier des personnes recherchées (FPR), trente personnes évincées (isolées pour trouble à l'ordre public)." Une seule "procédure de vente à la sauvette" recensée sur une avenue qui voit en moyenne 330.000 visiteurs chaque jour, c'est maigre. Mais, dans le même temps, 291 grammes de résine de cannabis ont été découverts à Pantin, dans les halls du foyer Sonacotra, un viol a été commis sur un mineur de 15 ans par un agent de sécurité dans un cinéma, également sur les Champs-Élysées, et, à Alfortville, rue Étienne Dolet, un vol à main armée a eu lieu dans une épicerie au cours duquel le gérant un reçu un coup de crosse à la tête.
Entre des affaires de viols, vols avec violence aggravée et autres crimes - fort rares cette nuit-là -, le rapport de la DSPAP révèle parfois des situations qui sortent de l'ordinaire : "À 17 h 30, au niveau du parc départemental de la Plage bleue, un individu s'était retranché sur un poteau électrique à environ vingt mètres du sol. Après avoir escaladé le poteau et parlementé, les pompiers ont réussi à le redescendre sans incident et il a été transporté à l'hôpital."
Dans le rapport de la DSPAP, tout y est. L'arme factice qui sert à braquer un commerçant, l'accident sur la voie ferroviaire d'une femme qui décède, l'attaque à l'explosif sur un distributeur de billets, la saisie de stupéfiants, le recensement de tous les délits du Paris moderne. Il est 7 heures, Paris s'éveille."
Sur le sujet : La mafia française n'existe pas...






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