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Bravo à Brice Hortefeux pour son «Y'a Bon» award!

vendredi 28 mai 2010

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, à l'Hôtel Beauvau, à 
 Paris, le 27 avril 2010
Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, à l'Hôtel Beauvau, à Paris, le 27 avril 2010 A.REAU / SIPA

CULTURE - Il le remporte ce soir pour l'ensemble de son oeuvre...

Y'a Bon, comme sur ces boîtes de Banania, où apparaissait en pleine époque coloniale, le visage d'un tirailleur africain qui ne savait pas dire «c’est bon». Préjugé d'une époque révolue? En hommage à ce tirailleur, les Indivisibles remettent les Y'a Bon awards depuis l'an dernier, des prix couronnant les remarques les plus racistes prononcées dans l'espace public.

Une course serrée

Cette année le palmarès est particulièrement réussi - mais c'est presque de la triche, l'actualité (identité nationale surtout) a beaucoup aidé les candidats. Et rendu la tâche plus difficile au jury. Comment départager par exemple Paul Girot de Langlade (ancien préfet) qui soulignait «On se croirait en Afrique» […] «De toute façon, il n'y a que des Noirs ici», de la SNCF, qui affichait dans certains wagons en janvier dernier: «Tous les faits de Roumains doivent être signalés»...
C'est Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, qui remporte le prix le plus important, «pour l'ensemble de son euvre» (Sa phrase culte: «Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes.»). Et Eric Zemmour, polémiste, remporte enfin le Zeric' qu'il n'avait pas eu l'an passé- détrôné par Eric Raoult.

Les perles oubliées

La cérémonie permet de se remémorer quelques perles qui auraient pu échapper, ou que l'on aurait oubliées, comme celles de Jacques Séguéla (deux fois nommé et lauréat du Y'a Bon «Le Bruit et L'Odeur»), et l'auteure Calixte Beyala. Ou encore Christophe Barbier, patron de l'Express, qui déclarait en février 2009, en pleine crise sociale en Guadeloupe, «Aux Français des tropiques qui veulent travailler à l'antillaise et consommer à la métropolitaine, rappelons qu'il faut labourer la terre arable pour qu'elle lève d'autres moissons que celles du songe et que, hors de la France, les Antilles seraient au mieux une usine à  touristes américains, au pire un paradis fiscal rongé par la mafia, ou un Haïti bis ravagé  par des "tontons macoutes" moins débonnaires qu'Yves Jégo...»
Ce ne sont parfois que des préjugés enfouis dans des phrases, mais ce sont bien ces préjugés que les Indivisibles traquent, que la langue véhicule, dans chaque trait d'humour déplacé, ou dans chaque banalité raciste. Ces saillies spontanées qui sont comme un «permis de discriminer». Il faut donc responsabiliser, en dénonçant.

Les Politiques

D'autant que chez les politiques, n'a plus cours l'éventuelle excuse de l'inattention, d'un préjugé ressorti au détour d'une phrase trop vite prononcée. Ils sont pourtant en grand nombre dans le palmarès. Brice Hortefeux donc, mais aussi le président Nicolas Sarkozy, pour ses propos lors de la remise de légion d 'honneur à Dany Boon, ou Fadela Amara pour avoir défendu Hortefeux.  Et l'avenir est prometteur. Le meilleur espoir est Meilleur espoir est André Valentin, maire UMP de Guissainville. Interrogé par un journaliste sur l’opportunité des débats sur l’identité nationale:
- «Je pense qu'il est plus qu'utile, qu'il est même indispensable. II est temps que l'on réagisse car l'on va se faire bouffer.»
- «Par qui, par quoi»  (demande le journaliste)
- «Par qui, par quoi? Il y en a déjà 10 millions, alors il faut bien réfléchir. 10 millions que l'on paye à rien foutre!»
Il s'enfonce en s'excusant!: «Si l'immigré travaille, qu'il ne me fait pas chier avec sa religion et qu'il respecte le drapeau français, ça ne me pose pas de problèmes.»[…] «Je ne suis pas raciste mais... Je suis juste raciste contre les imbéciles, les idiots, les cons. J'ai des amis arabes, et mon père est belge avec des origines chez les indiens du Delaware aux Etats-Unis. Vous savez j'ai fait la guerre avec les Harkis et il y en a de très respectables.»
La relève est assurée.

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