Par Michel Colomès "Nul ne peut critiquer nos troupes. Elles combattent avec un courage exceptionnel dans des conditions d'une difficulté extrême. Mais occuper des villes et des villages temporairement n'a pas grand intérêt sur un territoire aussi vaste où les insurgés disparaissent en quelques minutes et se fondent dans les collines. L'essentiel du pays est aux mains des terroristes. Nous contrôlons, certes, les préfectures des provinces, mais pas les provinces elles-mêmes." Ce constat pessimiste sur la situation du conflit en Afghanistan n'a pas été fait par le général américain Petraeus, commandant des forces internationales en Afghanistan. Il date de 1986 et son auteur, le maréchal Sergei Akhromeyev, alors chef d'état-major des armées soviétiques, l'a tenu exactement dans ces termes devant Gorbatchev et le Politburo d'URSS, trois ans avant le retrait sans gloire de l'Armée rouge d'Afghanistan. Ce qui est inquiétant, c'est que le parallèle entre la situation des forces d'occupation soviétiques de l'époque et celle des forces alliées d'aujourd'hui est accablant dans sa ressemblance.Car, n'en déplaise à Nicolas Sarkozy, qui en a évoqué l'idée, le 25 août dans son traditionnel discours de rentrée à la conférence des ambassadeurs, ce ne sont pas seulement les "humeurs médiatiques" qui donnent le ton "à un catastrophisme à la mode du moment". C'est malheureusement la situation sur le terrain, crûment décrite par plusieurs responsables militaires occidentaux. Ce sont les morts, y compris français, qui, hélas, s'accumulent, même si leur nombre n'est pas encore de nature à provoquer une levée de boucliers dans l'opinion. C'est aussi l'impression, totalement décourageante, que le gouvernement afghan et les élites du pays profitent, dans un système de corruption généralisée et à peine combattu, de la rente de situation que leur procurent les sommes colossales déversées par les armées étrangères et les ONG qui évoluent dans leur sillage.
Bien sûr, le président est dans son rôle quand, avec la foi du charbonnier, il affirme que "la France restera engagée en Afghanistan avec ses alliés aussi longtemps que nécessaire". Mais c'est peut-être le moment de se demander - comme le font d'ailleurs mieux que nous les Américains - jusqu'à quand et après quel résultat, cela sera-t-il nécessaire ? Sauf à être contraints de quitter l'Afghanistan dans un an, dans dix ans, aussi piteusement que les Soviétiques.
lepoint.fr






2 commentaires:
Bonjour Alicia,
Avant de vouloir faire le gendarme à l'étranger, il ferait mieux de regarder chez lui (enfin façon de parler vu ses origines).
Si cet énergumène aurait un minimum de connaissances historiques, il saurait que dans toute l'histoire de l'humanité aucun envahisseur n'a su rester et dicter sa loi dans un pays envahi.
Hors, pour les Afghans c'est ce que nous sommes et malheureusement ce sont nos soldats qui reviennent dans des boites pour la folie d'hommes politiques.
Et qu'il ne vienne pas me sortir comme je l'ai entendu sur France 2, que c'est pour nous protéger du terrorisme sur notre sol ! Au contraire, c'est nous mettre dans le collimateur.
Amitiés
Pat59
@Pat, je pense que c'est aux habitants, ainsi que les femmes, de prendre le pouvoir.
Karzaï et son gouvernement sont corrompus, il fait des appels du pied aux Tabilans.
L'affaire est pliée.
Plein, de gens, de soldats vont mourir pour rien. Il faudrait une véritable table ronde pour évaluer les dégâts faits dans ce pays.
Mais ce sont les Américains qui font la loi, Sarkozy n'est qu'une marionnette comme d'autres chefs d'état qui ne sont pas convaincus non plus du bien-fondé des actions qui sont faites.
Alors qu'attendent-ils pour oser s'opposer aux Américains ?
J'ajoute que j'apprécie les Américains et Obama mais, sur ce sujet, comme certains autres, ce pays se trompe.
Obama est en train de perdre "son âme" en Irak et en Afghanistan.
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