Traduire/Translate

"

«L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit»

«Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde»

«Vivre tout simplement pour que tout le monde puisse simplement vivre» Gandhi
"Fais de ton ennemi ton ami afin d’en connaître toutes les failles" Anonyme

Religions : le menu à la cantine, nouveau casse-tête des écoles

jeudi 26 août 2010

Ce matin, RMC s'était arrêté à Grenoble pour une Quatrième étape de la tournée des trophées PME. Belle initiative surtout lorsque l'on sait que ce sont les PME qui font tourner le pays. Elles sont le poumon de notre économie. Lire : Les entreprises du CAC 40 paient 2,3 fois moins d'impôts sur les bénéfices que les PME, les entreprises du CAC 40 n'étant que la vitrine du pays avec une gestion souvent incontrôlable puisque certaines sont présentes dans les paradis fiscaux. On crierait presque à l'injustice dans les traitements faits à ces PME puisque les banques les soutiennent très peu. Nos supères banques françaises mériteraient presque le même sort que les banques allemandes. Mais il ne faut pas rêver, ce gouvernement ne se fâchera jamais avec les tout-puissants...


Un autre sujet m'a interpellée. Faisant suite à l'intervention du maire de Grenoble, un auditeur musulman tendance UMP, remerciait le maire PS  (hé oui, tout peut arriver) pour avoir proposé des repas sans viande pour les enfants musulmans.
Je me suis donc fendue d'un commentaire un peu sec :
"Pour ce qui est de la nourriture variée dans les écoles de Grenoble.
A une certaine époque, quand un plat ne nous plaisait pas, nous nous forcions ou nous mangions mieux le lendemain ou le soir. Et nous n'en sommes pas morts.
Ce n'est pas à la république ou à l'école de s'adapter, la nourriture étant aussi un facteur d'intégration."


Or, voici ce qu'observait une directrice d'école en janvier 2010 sur rue.89 :
1- Les parents ne peuvent exiger de garanties
Que faire si un jeune Omar, dont les parents auront précisé à l'enseignant qu'il était musulman, réclame du rab de saucisses-lentilles à la dame de la cantine ?
« En début d'année, je préviens les parents : je ne garantis rien en la matière. Je ne suis pas en mesure de leur promettre que ça n'arrivera pas.
Je suis chargée de la surveillance et de la sécurité des enfants en tant que directrice dans le cadre du temps extrascolaire. Mais ce n'est pas à moi de décider de ce qu'ils mangent ou ne mangent pas.
Je veux bien encourager les animateurs à les initier au goût, mais pas surveiller les enfants. C'est aux parents de leur apprendre à se nourrir comme ils l'entendent. »

2- De l'« observance alimentaire » au menu au faciès ?

Certaines écoles ont décidé de mettre en place des dossiers alimentaires complets précisant à titre individuel qui mange quoi. Problème : c'est laborieux à mettre en place et, sur le terrain, les animateurs ont difficilement les moyens d'adapter chaque assiette à un dossier administratif.
Souvent, ceux qui tentent de concilier pragmatisme et exigeances des parents finissent par trier sans faire trop de détail. Les critères sont alors plus ou moins subtils : le prénom de l'enfant, la couleur de sa peau, etc.
La directrice qui nous a contacté s'inquiète de ce qu'elle regarde comme des dérives :
« Une mère de famille m'a raconté un jour qu'elle était ulcérée qu'on refuse systématiquement à son fils les plats avec du porc. Le môme avait un joli petit prénom musulman. Sauf que jamais ses parents n'avaient demandé à ce qu'il évite le porc. La mère en avait ras le bol de le voir revenir le soir en ayant mangé des oeufs. »

3- Des menus sur mesure seulement pour raison médicale

Aux dires de cette directrice en Ile-de-France, les règles ont évolué : d'une interdiction de manger du porc, on passerait de plus en plus au refus de tout plat de viande, sauce bolognaise comprise.
Elle affirme avoir observé ce changement chez les élèves de familles musulmanes mais aussi chez les juifs orthodoxes :
« Certains parents ont tenté d'apporter un certificat de leur médecin de ville précisant que leur enfant ne mangeait pas de viande.
Mais le dispositif est plus strict : il faut contractualiser l'accord entre un animateur, un médecin scolaire et les parents, si l'on veut une personnalisation. Et jusqu'à preuve du contraire, les médecins scolaires ont toujours accepté pour des questions d'allergie mais refusé si c'était lié à la religion. »

4- La variété alimentaire en souffre

Avec l'évolution des interdits, notamment pour les élèves juifs et musulmans, certains plats tendent à disparaitre de la carte : fatigués par les casse-têtes récurrents, les chefs d'établissement finissent parfois par demander à la municipalité de supprimer tout simplement certains plats. Notamment ceux à base de viande, qui sont pourtant des classiques de la nourriture en collectivité.
On peut citer par exemple :
  • le hachis parmentier
  • les raviolis
  • les spaghettis bolognaise
  • les laitages (qui comportent souvent des graisses animales)

5- Les enfants ne mangent pas toujours à leur faim

Théoriquement, le service de restauration doit proposer un menu de substitution. Concrètement, c'est plus souvent des oeufs que du poisson, finances obligent.
Mais, dans l'école de notre lectrice, il y a rarement de quoi servir autant de menus bis que d'enfants qui en souhaitent. Question de proportion culturelle à l'échelle de l'école. Et la directrice se refuse à faire des listes pour ficher les enfants en fonction de leur appartenance religieuse.
Résultat ? De plus en plus d'enfants mangent non pas un repas complet mais seulement l'entrée et le dessert. Tout en payant plein pot, ce qui ne manque pas de faire grincer les parents, sans satisfaire l'équipe pédagogique.
Et vous, avez vous déjà rencontré ce problème en tant qu'enseignant ou en tant que parents ? L'Education nationale doit-elle s'adapter culinairement ou s'en tenir à une vision strictement laïque du menu ?
L'intégralité de l'article : rue89.com

L'essentiel étant de privilégier les repas d'enfants souffrants, le travail des cantines est suffisamment compliqué pour que l'on en rajoute. Justement, il est discriminant de trier qui va manger quoi... La cantine porte bien son nom et elle n'est donc en aucun cas un restaurant où l'on vous amène la carte où vous pouvez choisir ce qui vous ferait plaisir. Il ne faut pas prendre la France pour un quatre étoiles où tout est servi sur un plateau. Une cantine est l'endroit où l'on se sustente, tout simplement, faisant une pause entre les cours du matin et  de l'après midi...
Qu'en serait-il si les cours n'avaient lieu que le matin, comme dans certains pays ? Je crois que le problème serait en partie réglé...
Imaginez si l'on devait tenir compte de toutes les religions : Lire : Les interdits alimentaires Chez les juifs, les chrétiens et les musulmans
Mais comme je le soulignais dans mon commentaire laissé sur RMC, nous mangions (ou pas) en payant en ayant rien à redire. Mais à cette époque, l'école était encore sacrée, nous comprenions tous les difficultés à satisfaire le maximum de personnes. Aujourd'hui, non. Peu de personnes comprennent ces difficultés et font tout pour compliquer la gestion des écoles.
Parfois, je me demande si l'on en fait pas un peu trop...

Plus : En même temps, j'avais réagi sur le trop de séries américaines à la télévision française :
"Quant aux séries télévisées américaines, si J. J.  Bourdin regardait la télévision et les séries françaises, il comprendrait mieux cet engouement pour les séries d'ailleurs..."

.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Alicia Clashs