Si on voulait nous faire croire qu'il y a pire en Italie, c'est manqué :
On pourrait presque penser qu'il existe une spèce d'émulation entre Sarkozy et Berlusconi. Lequel des deux a commencé à inciter les gens à la haine ?
Etonnante, tout de même, cette surenchère d'amalgames...
Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, a estimé jeudi que
moins d'immigrés signifie moins de criminels, suscitant nombre de
réactions indignées dans le pays.
Présentant, à l'issue du conseil des ministres, les résultats "très
positifs" de la lutte contre l'immigration clandestine, le président du
Conseil a commenté : "une réduction du nombre d'extracommunautaires en
Italie (ndlr: immigrés) signifie moins de forces qui vont grossir les
rangs des criminels".
Plus tard, dans une émission enregistrée dans la journée et qui devait
être diffusée jeudi soir à la télévision, il a précisé qu'il n'évoquait
que les immigrés clandestins.
Le dirigeant du Parti démocrate, principal parti d'opposition, Luigi
Bersani, a réagi en déclarant que "un gouvernement ne peut pas
continuellement agiter les peurs, il doit aussi savoir conduire le pays à
la raison".
Une parlementaire de ce parti, Livia Turco, auteur d'une loi sur l'immigration a taxé Berlusconi de "vulgarité", tandis que l'Italie des Valeurs (oppositions) jugeait "inutiles les slogans racistes qui alimentent un climat d'intolérance".
La présidente du groupe du PD, Anna Finocchiaro, a répondu aux propos de M. Berlusconi par une autre équation : "moins de Berlusconi, moins de crimes", avant de présenter ses excuses devant cette "mauvaise blague" dénoncée par le porte-parole du gouvernement, Paolo Bonaiuti.
Pour sa part, le président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini, allié turbulent de Silvio Berlusconi, qui présentait un livre sur l'unité de l'Italie et la construction de l'idée de nation, a appelé à éviter "la tentation de l'ethnicisme et de la revanche" et défendu
l'idée d'une démocratie ouverte "aux nouveaux citoyens".
Enfin la porte-parole du Haut Commissariat des Réfugiés (HCR) en Italie, Laura Boldrini, s'est déclarée "attristée que la question de l'immigration soit traitée par le président du Conseil dans le contexte de la criminalité".
Pour elle, "véhiculer l'équation 'extracommunautaires égale criminels', éloigne les Italiens de la compréhension du phénomène migratoire et avalise un préjugé aussi injuste que fallacieux".