14 000 requêtes ont été enregistrées 2010 par le Pôle Santé et Sécurité des Soins. Le P3S a une mission de médiation et d'information, son action s'effectuant auprès des usagers privés ou professionnels
Une cellule d'accompagnement et de soutien a été mise en place pour la prise en charge du stress post-traumatique de professionnels confrontes à des situations difficiles ne trouvant pas de réelle solution de dialogue avec tous les acteurs liés au secteur de la santé.
Le site précise 11 880 contacts dans les centres d'appels (numéro vert), 1400 courriers reçus en cours de traitement, 282 formulaires du site ont été traités, 39 % des requêtes concernant un événement « indésirable » médical et chirurgical, 20 % faisaient état de maltraitance ou de violence, 161 témoignages ont été reçus par le site.
Quelques exemples de maltraitances soulignés par P3S:
Accusé de coûter trop cher à la société :
Handicapé depuis sa naissance, un patient décède d'une occlusion intestinale suite à la lenteur de la prise en charge. Pourtant, face aux douleurs répétées, la mère n'a cessé d'alerter l'équipe médicale. La réponse qui lui est faite :
« Votre fils coûte déjà assez cher à la Sécurité Sociale, et ceci depuis sa naissance »
« que de toutes façons, il est condamné »
« que c'est lui le médecin et qu'il sait ce qu'il fait »
Obésité reprochée à un enfant par un chirurgien :
Un garçon de 14 ans, après avoir été opéré d'une appendicite se verra sanctionné de cette phrase : « Pourquoi je t'ai opéré ? De toute façon, tu es entouré de graisse et tu vas bientôt crever »
Le PS3 exprime son inquiétude sur EPHAD, les Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes accueillant des personnes handicapées et fragilisées victimes de maltraitances. Il indique une meilleure coordination entre les acteurs de la santé pour faire évoluer la situation. Un grand chantier à suivre...
En outre, le Médiateur de la République a initié une enquête sur la « maltraitance financière » des personnes âgées dont le rapport est attendu pour le premier semestre 2011.
Du côté du personnel de santé, le rapport observe aussi qu'un agent de sécurité est présent dans un service des urgences d'un hôpital de la région parisienne qui a doté chaque étage de la même mesure suite à une agression. L'agent présent ayant mis vingt minutes à maîtriser le mari d'une patiente qui attendait depuis de longues heures. L'infirmière, effrayée, fait état de plusieurs ecchymoses à l'épaule et au bras.
La violence continue de s'installer au détriment du personnel de santé, l'autorité judiciaire prend plus souvent en compte les agressions y compris les injures et les menaces.
L'accès au dossier médical du patient et de ses ayants droits n'est pas ou peu facilité.
Le patient serait aussi « surinformé » en se faisant son propre diagnostic par l'information en ligne à travers les forums, sites, et blogs non « reconnus ». La reprise des informations confidentielles par des assureurs ou des employeurs potentiels serait à craindre.
PS3 constate la réticence de nombreux établissements à communiquer à l'auteur de la plainte ou de la réclamation du compte-rendu de la médiation dont il a été l'objet et l'avis de la commission, si elle a eu lieu.
L'application du principe de laïcité à l'hôpital
Les croyances religieuses sont parfois difficiles à concilier avec les pratiques médicales ; il arrive que le personnel soit obligé de retarder soins et prises de sang en période de ramadan.
Le PS3 rapporte un fait nouveau : le port, par le personnel, de signes religieux ostentatoires dérogeant à la circulaire du 2 février 2005 relative à la laïcité dans les établissements de santé.
Le droit à « laisser mourir »
La loi Leonetti de 2005, assez méconnue ou mal comprise par les professionnels, la famille ou les proches, donne un cadre réglementaire au fait de « laisser mourir » un patient en fin de vie.
Des directives anticipées ont été créées pour entendre les dernières volontés du patient peu informé des possibilités d'écrire ses souhaits de fin de vie.
La décision médicale revient à l'équipe soignante prenant en compte les directives anticipées rédigées par le patient ou de la personne de confiance que le patient a pu désigner.
L'usure du personnel
Les contraintes budgétaires trouvent leurs limites malgré les efforts des établissements, rejaillissant aussi sur le personnel ; son redéploiement s'avère, de temps en temps, complexe.
La charge et les conditions de travail rendent la relation avec le patient et ses proches plus difficile. Les services d'urgences sont fréquemment confrontés à des situations de stress et de charge de travail nourrissant l'épuisement des professionnels.
Certains établissements ont su mettre en oeuvre des services d'écoute et de prévention, les agents ayant la possibilité d'être réaffectés dans d'autres services.
Une réflexion doit être menée, les enquêtes devant porter sur les causes et non sur les personnes.
Le rapport développe des observations sur les droits des patients psychiatriques, le désarroi des proches, l'accès aux soins des détenus, l'expansion de pratiques non conventionnelles favorisant l'emprise mentale du patient ou des proches par la publication des ouvrages littéraires ou des connaissances sur le bien-être ou de nouvelles thérapies sur internet.
PS3 recommande la prudence et encourages les institutions, les professionnels et associations de patients à plus de communication sur les informations nécessaires afin d'éviter les détournements du message de la santé par des personnes malintentionnées.
Le site : Pôle Santé et Sécurité des Soins
Appel à témoignages sur le site le monde.fr
Sur le sujet : Reportage « Violence à l'hôpital » du JT de France 2 du 11/01/2011 : décryptage
Plus : + 13% des agressions contre les femmes en 2010 aussi par manque de solidarité
Mon billet sur Le Post








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