Sonia Vandoux s'insurge. Un droit de réponse légitime en regard des attaques dont elle fait l'objet suite à son soutien à son amie, Tristane Banon
"Il arrive un moment, dans la vie, où il faut savoir mettre les choses au clair. Je ne tiens pas à faire un quelconque mea culpa, ni même à régler mes comptes. Je souhaite faire l'état des choses, telles qu'elles sont actuellement.
Depuis plusieurs semaines, certains ne cessent d'être désagréables à mon égard, mais pas seulement... Parce qu'après s'être attaqué à moi, on s'en prend à Tristane Banon, à mes bouquins, à mon style et mes goûts littéraires, ainsi qu'aux combats qui me tiennent à coeur. Non, on ne peut pas plaire à tout le monde, ceci est un fait. Mais à travers tout ça, on s'attaque aux familles de victimes qui croient en moi ainsi qu'à mes lecteurs. Il y a des choses que je ne peux pas laisser dire sans réagir ! Parce qu'on ne touche pas à mes lecteurs. On ne touche pas à nos combats. On ne touche pas aux personnes merveilleuses qui m'entourent. De plus, dénigrer mon travail revient aussi à dénigrer mes préfaciers (passés et à venir) et ça, je ne peux pas l'accepter. Leur talent n'est plus à prouver et leurs mots mêlés aux miens sont un honneur sans nom.
Alors, puisque tout est parti de là, je souhaite répondre en premier lieu à tous ceux qui s'en prennent à Tristane Banon et qui ne comprennent pas (et ne respectent pas) mon soutien. Je rappelle que Tristane est une amie, qui a été quotidiennement présente durant une période particulièrement éprouvante de ma vie. Son soutien et son amitié ont été un réconfort extraordinaire. On ne renie pas ce que l'on partage d'aussi fort avec quelqu'un. Il y a eu cette amitié, ces confidences, cette insouciance, ces projets, cette force, ce lien indescriptible qui nous unissait désormais... puis il y a eu ce jour de mai 2011 où, de l'autre côté de l'océan, une affaire éclatait pour mieux nous éclabousser. Complot politique ou réel faux pas d'un homme mondialement puissant ? Chacun est libre de penser ce qu'il veut... Mais surtout, c'est l'occasion que choisit un journaliste pour déterrer une histoire vieille de huit ans. La vie de Tristane est étalée dans les journaux. Et la même question dans toutes les bouches : "Pourquoi huit ans après ?". Parce que là, la Tristane qui tente depuis 2003 de ranger ce douloureux souvenir pour tenter de passer à autre chose, se fait traiter de menteuse pour profiter de la situation d'un homme déjà à terre. Mais elle n'avait rien demandé, elle ! Ni il y a huit ans, ni en mai dernier ! Elle voulait simplement avancer comme toujours, sortir entre amis, publier ses livres et vivre sa vie de jeune femme journaliste et romancière. Et quand vous aurez compris ça, vous aurez tout compris (ou presque...) Elle se tait. Elle attend. Elle dénonce. Et enfin, elle réagit. Et ça dérange. Parce qu'elle soulève là un fait bien connu mais trop banalisé. Tristane parle au nom des femmes. De nous toutes. Parce que, comme tout le reste, ça n'arrive pas qu'aux autres. Les agressions doivent être jugées. Et là, se lance sur la toile une sorte de concours immonde, pervers et débile, où celle qui aura vécu le viol le plus terrible sera la gagnante. Gagnante de quoi ? Gagnante de tout perdre ? Gagnante de passer pour une menteuse folle furieuse ? Ca devient juste du grand n'importe quoi et je suis sûre que Tristane donnerait volontiers sa place à qui veut la prendre. Vous vous plaignez de la voir sourire. Il faudrait qu'elle pleure ? Pour que puissiez critiquer de plus belle ? Il faudrait qu'elle arrête de vivre pour vous faire plaisir ? Mais ça devient grave, les mentalités de ce monde...
Alors oui, je soutiens, je défends et je revendique. L'amitié, ça sert à ça, aussi ! Etre là quand tous les autres vous tournent le dos. Et tant pis si ça ne plaît pas à tout le monde, je ne suis pas là pour vous plaire. Je suis, tout comme vous tous, libre de penser ce que je veux ; libre d'accorder ma confiance à qui je veux ; libre de soutenir qui je veux ! Si cela ne vous plaît pas, c'est pareil. On ne peut pas plaire à tout le monde !
En plus de mon soutien, on me reproche bien sûr de faire ma publicité sur le dos de Tristane. Bah voyons ! Un livre sorti il y a plus de deux ans ! Tout ça pour une interview accordée, que le journal a illustré d'une photo d'archives dont je n'étais même pas au courant... Certains n'ont vraiment rien d'autre à faire que de voir le profit partout ! Au point de demander s'ils peuvent, pour leur propre promo, dire qu'ils soutiennent Tristane Banon !? En sachant que c'est faux... Si ça, ce n'est pas de la provocation, dîtes-moi ce que c'est !? Alors non, ce n'est pas parce que certains utilisent le nom de mon livre pour faire le rapprochement entre Tristane et moi, que j'encaisse des milliers d'euros depuis quatre mois ! Je ne vais pas envoyer mon livre au pilon pour faire plaisir aux frustrés (qui le seront toujours, de toute façon...)
Et, pour la bonne transition, certains en profitent bien sûr pour attaquer directement ce livre en lui-même. Pour ceux qui ne le connaissent pas, ce roman a pour sujet la sécurité routière (l'insécurité routière). Mais, apparemment, c'est un sujet qui dérange. Pourtant, on en meurt tous les jours... Oui, mais selon leurs arguments, on n'écrit pas sur les morts. "C'est dégueu !" parait-il. Ah bon... Sauf que là, c'est s'en prendre à notre combat. C'est s'en prendre aux victimes innocentes. C'est s'en prendre aux familles démunies. Et ça, je ne le supporte pas ! Ce livre est là pour faire prendre conscience ; pour faire évoluer les mentalités. Et la présence "d'enfants morts" choque. Et bien, c'est aussi un peu le but quand-même. Non ?
Alors je souhaitais dire à toutes les familles, que je suis là. Je me fous de ce que l'on raconte. Je suis et serai à vos côtés dans ce combat, jusqu'au bout. Je marcherai à vos côtés le 12 mai 2012. Il faut malheureusement, comme vous le dîtes souvent, le vivre pour le comprendre... Et c'est dommage. Ce combat me tient à coeur, comme tant d'autres. Et je ne permets pas que l'on nous juge là-dessus. Qui êtes-vous pour être aussi méprisants ? Qui êtes-vous pour vous croire au-dessus de tout ? De ce livre, je connais chaque victime et chaque famille. Je connais chacune de leur histoire et de leur vécu. L'écrire n'a pas été facile comme vous le prétendez ; et je ne vous permets pas de le juger sans en avoir lu une seule ligne ! Avez-vous seulement déjà discuté avec ces parents désemparés ?
Mais comme certaines personnes ne s'arrêtent pas là, du livre et du combat, on se permet de juger ma propre littérature. Oui, chers lecteurs, je vous annonce que vous lisez de la merde. Je fais, selon ces dires, dans la littérature simplette et sentimentale. La facilité commerciale, paraît-il. Bah voyons... On me reproche de traiter des sujets trop faciles et de faire pleurer dans les chaumières. Je ne trouve pas ça si facile d'écrire un livre comme "Elle ne rentre pas ce soir..." Et surtout, pourquoi polémiquer sur UN de mes bouquins en sachant que je publie le mois prochain mon troisième roman, que j'ai déjà sorti deux recueils de poésie, sans compter les contes pour enfants ! C'est tellement facile de juger un livre qu'on n'a même pas lu... Alors, puisque ce genre de livres dégoûtent, on fait quoi ? Je dois dire à toutes ces familles qui ont couché leur douleur sur le papier, qu'elles devraient avoir honte de faire du commerce sur la mort de leur enfant ? On devrait interdire de publication toutes les personnes qui souhaitent partager leur vécu et leur expérience à travers un livre ? Mais on s'en va où, là ? Chacun est tout de même libre d'écrire ce qu'il veut ? Et, plus encore, chacun est libre de lire ce qu'il veut ! Oui, j'aime lire les récits et les documents plutôt que des romans à l'eau de rose. Et alors ? Je suis à abattre pour ça ? Dans quel monde vit-on ? Ce n'est pas du commerce que de vouloir faire passer un message à travers un livre. Condamne-t-on un chanteur qui parle de morts, d'accidents ou de maladies ? Moi, j'aime les bouquins qui me prennent aux tripes ! C'est comme ça. Alors pour illustrer, voilà quelques livres, des bouts de vies, qui ornent une partie de ma bibliothèque...
- Appelez-moi Li-lou , Cynthia Sardou
- J'ai oublié de la tuer , Tristane Banon
- L'amour dans le sang , Charlotte Valandrey
- Il est où, Ferdinand ? , Patrick Chesnais
- Annie, te souviens-tu... , Léo Bardon
- Au nom de mon Frère , Céline Jouin
- Pour Marilou , Philippe Poinsot
- Sous ton regard , Laurence Lemarchal
- J'ai 13 et je vais me tuer , Othilie Bailly
- Ma fille s'appelait Holly , Kévin Wells
- Déshonorée , Mukhtar Mai
- Je suis sortie de mon corps , Krystel Cohanin-Caillaud
- Time Of My Life , Patrick Swayze et Lisa Niemi
Juste quelques uns, sélectionnés parmi tant d'autres... Peut-être que de les lire vous ferais prendre conscience de votre bêtise. Un livre vient de paraître : Quand un enfant se donne "la mort" de Boris Cyrulnik. Il traite du suicide chez les jeunes. Encore un livre commercial selon vous ? Moi je trouve au contraire que c'est un sujet important. Chez les jeunes, le suicide est la deuxième cause de mortalité, après les accidents de la route... A méditer, peut-être...
Mais rassurez-vous, ma bibliothèque contient également de grands classiques, Guy de Maupassant, Voltaire, Stendhal, Molière, Alexandre Dumas, Victor Hugo, Antoine de St Exupéry, Alain Fournier, Jules Vallès, Charles Baudelaire, Colette, Jean-Paul Sartre et j'en passe... Ainsi que des auteurs connus du moment, tels que Anna Gavalda, Guillaume Musso, Karine Lebert, Michel de Decker ...
Je souhaite ici faire une parenthèse parce qu'il paraît aussi que ma poésie ne vaut rien. Non, mes amis, je ne cherche pas ici à me défendre. A quoi bon ? Je le répète : on ne peut pas plaire à tout le monde. Mais parler ainsi de ces livres -mes livres-, c'est remettre en question le talent des artistes qui ont accepté de les préfacer. Et ça, je ne l'accepte pas. Ces artistes n'ont plus rien à prouver. Ils me font confiance, à moi et à mes écrits, alors les respecter est le minimum de la décence.
Je ne suis pas là pour vous plaire. A l'heure d'aujourd'hui, en tant qu'auteur (quoi qu'on en dise), je n'ai de compte à rendre qu'à mes lecteurs et à l'éditeur qui m'accorde sa confiance. Les autres, vous ne m'aimez pas, c'est votre problème. Mais alors, qu'est-ce que vous faîtes là ?
Oui, mes amis, je ne vous ai pas habitué à cette attitude, c'est vrai... Mais je sais que vous comprendrez mon ras-le-bol. Mon mur Facebook est un espace d'échange entre vous et moi. Mais, depuis plusieurs semaines, il est victimes de provocations, insultes et divers règlements de comptes. Je ne peux pas m'absenter une heure sans retrouver un semblant de guerre pitoyable sur ce lieu pourtant si calme auparavant. Oui, j'aurais pu effacer les messages au fur et à mesure. Mais je ne suis pas pour la censure. Au contraire... Et jamais je n'aurais pu imaginer que cela prendrait de telles proportions.
J'aimerais reprendre le cours de ma vie, pouvoir continuer de vous informer de mon actualité, faire part de mon soutien aux personnes que j'aime, mes battre pour les causes qui me tiennent à coeur. Et tout ça, sans me faire lyncher de la sorte.
Ces causes que certains jugent "stériles". C'est vrai que c'est stérile de vouloir faire changer les mentalités pour que demain, nos enfants ne meurent pas sous les roues d'un chauffard. C'est vrai que c'est stérile de vouloir faire évoluer les choses pour que nos générations futures aient des traitements contre les maladies mortelles. Certainement... Et bien mes causes "stériles", je continuerai de les défendre tant que je serai de ce monde !
Il n'existe pas de combat "stérile", à part peut-être celui de vouloir transformer les cons en intellectuels. Mais, ce qu'il y a de plus stérile à mon sens, c'est justement de ne pas avoir de combat et de ne pas voir plus loin que son propre nombril.
Je sais, mes chers amis, que vous comprendrez ce coup de gueule. Parce que vous lisez mes livres. Parce que vous me connaissez. Parce que vous partagez le même combat. Etc... Je sais que vous me comprendrez. Je ne ferais pas ça toutes les semaines. Non. Mais s'il faut que je supprime les messages au fur et à mesure pour avoir la paix, tant pis, je le ferai... Même si je trouve ça dommage. Surtout que ces personnes en question, après avoir bien pourri mon mur, effacent d'eux-mêmes leurs messages le lendemain de leur publication. Si encore ils assumaient leur connerie... Mais, pas de chance, il existe cette technologie sympa que l'on appelle "Capture d'écran" ainsi que (pour ceux qui ne le savent pas) les archives Facebook qui nous permettent de tout sauvegarder, même ce qui a été supprimé ! Et oui... Quand on dit quelque chose, on assume. Sinon, on se tait !




Quelques exemples des gentillesses laissées à droite et à gauche...
J'estime être libre d'avoir le choix de mes amis. J'estime être libre de m'investir dans les combats qui me tiennent à coeur, et quels qu'ils soient. J'estime être libre d'écrire sur les sujets que je souhaite et d'insérer dans mes pages les photos de mon choix !
En conclusion, cette méchanceté gratuite et méprisante dont vous m'avez fait part, m'a plus agacée que blessée. Je suis énervée, oui, parce que seuls mes lecteurs peuvent juger mes écrits. Je suis outrée, oui, parce qu'en tant qu'auteur moi-même, je n'ai jamais osé remettre en cause le travail d'un autre auteur. Je suis choquée, oui, parce qu'une personne qui se juge "auteur" était en première ligne des messages d'arrogances sur ce mur. Agacée, énervée, outrée, choquée, oui. Blessée ? Non. Parce qu'au final, je préfère me dire que c'est simplement la jalousie de votre mièvre vie qui vous fait parler ainsi. C'est simplement mesquin...
Lorsque j'ai publié mon premier livre en 2006, j'ai rencontré des auteurs formidables, qui m'ont fait comprendre qu'écrivain, c'est avant tout une grande famille où il n'y a pas de "concurrence", mais où l'on partage le bonheur de notre métier et le plaisir de rencontrer nos lecteurs. Ils m'ont pris sous leur aile, m'ont intégrée dans leur monde et nous partageons depuis des moments d'exceptions. Mais il est toujours dommage de constater que certains se pensent au-dessus de cette grande famille... A ce titre, je pense simplement que vous n'êtes pas dignes d'entrer dans notre monde."
Voir le blog "Les Amis de Tristane Banon"
Article du blog du comité de soutien à Tristane Banon
Voir aussi ma page Facebook qui soutient Tristane Banon
https://www.facebook.com/pages/La-page-dAliciabx/131309493636114







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