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dimanche 4 décembre 2011

Le déni "positif" et les maladies graves

Le déni positif n'existe pas au point de vue médical, il peut exister chez des personnes refusant des réalités simples ou des malades atteints de graves pathologies. Bien souvent, elles le font inconsciemment, parfois, elles s'appliquent cette règle en toute conscience pour retarder le moment d'entendre des vérités qui les empêcheraient de vivre comme les autres.

Souvent utilisé pour les femmes refusant l'acceptation d'une grossesse, le déni -tout court- a sa définition en psychiatrie :

"Le déni est un phénomène de refus de prendre en compte une part de réalité externe inacceptable, c’est-à-dire, non métabolisable sur le plan psychique. Ce terme initialement apparu au XIII e siècle, au sens général de refuser quelque chose à quelqu’un, est utilisé en droit dès le XIV e siècle. La langue moderne a gardé le terme avec des emplois restreints, et surtout en termes de jurisprudence. En psychiatrie, il représente une modalité défensive permettant parfois la coexistence de représentations isolées. La clinique nous confronte régulièrement à différentes formes de déni, relevant d’élaborations psychopathologiques multiples. Lorsque le déni n’est pas structurel, comme dans le cas de la perversion mais conjoncturel, il apparaît réversible et accessible aux soins. Après avoir tenté de définir le déni, nous décrivons plusieurs situations cliniques marquées par de multiples formes de déni, et les possibilités thérapeutiques de travailler avec ce déni ou autour du déni.
Bardou, Vacheron-Trystram, Cheref"

L'annonce d'un diagnostic d'une pathologie grave peut laisser pantois pendant longtemps un malade avant l'acceptation ou le  refus de la réalité. Il s'agit du déni simple inconscient.
Ayant appréhendé tous les risques y compris ceux liés aux traitements et parcouru le chemin menant à la guérison, même la plus simple prise de sang sera reportée par le malade pour ne pas savoir, savourer ces instants de fatigue ou de forme qui font qu'il se sait toujours vivant.

Ne pas savoir, faire comme si..., prendre le parti qu'il va bien est déjà un pas vers la guérison, parce que le cerveau sait, a envie de vivre envers et contre tout malgré les moments si difficiles que l'on aurait envie de se laisser aller et ne plus se battre. Là il s'agit bien du déni positif car il est conscient.


La courageuse Anne Bouferguène, luttant contre le virus du sida, avait réussi à "donner le change" pendant des années et ce, depuis 1988 par le refus de la maladie et sa rage de vivre. Atteinte d'un cancer,  il m'est difficile d'écrire "Je", par manque de courage ou par refus de la réalité.

Tous les malades ne sont pas dans cette optique du "déni positif", ils doivent faire ce qu'ils croient le mieux pour eux, même les prises de sang dès que nécessaire ; tous sont vulnérables et réagissent différemment  face à la maladie mais chacun utilise les armes les plus efficaces pour la vaincre...
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