Voilà qui ne va pas rassurer les Français peu motivés pour se faire vacciner contre la grippe H1N1 : le ministère de la Santé annonce qu’un cas "probable" de syndrome Guillain-Barré, une maladie rare du système nerveux périphérique, a été signalé après une injection du vaccin. Au ministère on précise qu’il s’agit d’une forme modérée qui a évolué favorablement.
Ce cas a été signalé dans le cadre du dispositif de pharmacovigilance de la vaccination, mais le ministère indique qu’il s’agit "d’une forme modérée et uniquement sensitive" , c’est à dire qu’"il n’y a pas eu de paralysie, mais uniquement des fourmillements". Et que "l’origine n’a pas été établie".
Chaque année en France, "1.700 à 1.800 cas de syndrome de Guillain-Barré (SGB) donnent lieu à une hospitalisation, soit 5 par jour", tempère le communiqué du ministère, qui précise que "dans la plupart des cas la survenue de cette maladie est liée à un épisode infectieux, bactérien ou viral, dont la grippe".
Le syndrome de Guillain-Barré, également appelé "polyradiculonévrite démyélisante aiguë", est une atteinte des nerfs périphériques qui (en principe) se traduit par une paralysie rapide, débutant le plus souvent au niveau des membres inférieurs puis remontant vers le haut du corps. Cette maladie rare (2,8 cas/100.000 habitants/an) est potentiellement grave, même si la récupération est le plus souvent complète. Environ 5% des patients décèdent et environ 10% gardent des séquelles, un risque moins important si la prise en charge est précoce.
La ministre de la Santé Roselyne Bachelot s’étant engagée "à la transparence sur les effets secondaires de la vaccination contre la grippe A (H1N1)", une expertise approfondie sera conduite par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS), qui publiera demain un bulletin de pharmacovigilance.
Selon l'AFSSAPS, "le risque avéré de syndrome de Guillain-Barré découlant de la grippe est très supérieur au risque incertain de survenue d’un tel syndrome du fait de la vaccination" . Le Pofesseur Christian Perronne, du Haut Conseil de la Santé publique affirmait également récemment qu’"il y a 70 fois plus de SGB à la suite d’une grippe qu’après une vaccination contre la grippe".
La crainte de la survenue de ce syndrome a été régulièrement évoquée depuis le début de l’épidémie, à cause du précédent américain de 1976. Après l’irruption sur une base militaire d’un virus de grippe porcine, quelque 40 millions d’Américains avaient reçu à la hâte un nouveau vaccin. Un demi-millier de personnes avaient alors contracté le syndrome de Guillain-Barré, et 25 personnes étaient mortes. Cependant, selon plusieurs experts, rien n’a permis d’établir de façon certaine que la survenue du syndrome était directement liée à la vaccination.
Anne Jocteur Monrozier, avec agences
france info.fr
Syndrome Guillain-Barré
Le syndrome de Guillain-Barré ou syndrome de Guillain-Barré-Strohl est une maladie auto-immune inflammatoire du système nerveux périphérique. C'est une maladie acquise. On l'appelle également polynévropathie aiguë inflammatoire démyélinisante, polyradiculonévrite aiguë idiopathique, polynévrite aiguë idiopathique ou paralysie ascendante de Landry.
Le trouble, communément appelé syndrome de Guillain-Barré est une maladie rare qui affecte les nerfs périphériques de l'organisme. Il se caractérise principalement par une faiblesse, voire une paralysie et s'accompagne souvent de sensations anormales. Le syndrome se manifeste de manière sporadique. Il est imprévisible et peut survenir à tout âge, indépendamment du sexe. Dans la majorité des cas, les personnes atteintes récupèrent leurs capacités physiques au bout de 6 à 12 mois. Sa gravité peut varier considérablement d'un cas moyen pouvant même ne pas être porté à la connaissance d'un médecin, à celui d'une maladie dévastatrice liée à une paralysie presque totale plaçant le patient entre la vie et la mort. On pense aujourd'hui que c'est de cette maladie que souffrait le président américain Franklin D. Roosevelt, paralysé des jambes à partir des années 20, et non de la polio, comme avancé à l'époque[1].
Diagnostic [modifier]
Une hyperprotéinorachie (augmentation de la concentration en protides dans le liquide céphalo-rachidien prélevé au cours d'une ponction lombaire) est habituelle au 10e jour suivant l'apparition des symptômes, accompagné d'un compte normal de cellules du liquide céphalo-rachidien (c'est la « dissociation albumino-cytologique »). Sa constatation constitue l'élément de diagnostic le plus discriminant.
L'électromyographie consiste en la mesure de la vitesse de conduction nerveuse (VCN-EMG) et met en évidence un ralentissement ou une absence de conduction nerveuse dans près de 85% des cas[9].
Le diagnostic différentiel appelle également l'absence de toute autre cause justifiant la présence d'une neuropathie périphérique, comme : absence d'anamnèse concernant l'inhalation d'un solvant organique, absorption de plomb ou de certains médicaments, tels que la nitrofurantoïne ou la dapsone ; manque de preuves des causes infectieuses de neuropathies, telles qu'observées dans la diphtérie, la poliomyélite ; manque de preuve de porphyrie intermittente aiguë ; analyses d'urines normales pour les métabolites de porphyrines.
La prise en charge dans un centre de soins aigus est souhaitable, avec selon les cas, une convalescence dans un centre de rééducation, et un suivi par un programme de rééducation hors hôpital durant 3 à 12 mois.
Lire l'intégralité du sujet : wikipedia.fr